René Saint-Léonard

06 - Décembre - 2017

artiste-peintre sarthois de talent (suite)

Hier Ilatou vous a présenté le témoignage de Pascal Delpierre le maire de la commune de Saint-Léonard-des-Bois ou habite le peintre René Saint-Léonard. L’élu connaît bien et pour cause celui qui est un de ses administrés. Le témoignage d’aujourd’hui émane de Daniel Duval, dont la famille a exploité durant des décennies un établissement à l’enseigne « Le Touring Hôtel ». Il est aussi et surtout un des plus anciens amis de l’artiste

Vers ses neuf ans il moule de petits sujets en plâtre, surtout des figurines de Tintin, Milou, les Dupon (T & D) le capitaine Haddock, et lorsque celles-ci sont bien peintes et bien sèches il les vend dans le magasin de sa maman aux touristes de passage. Les quelques francs récoltés lui permettent d’investir dans des pinceaux ou des tubes de couleur. Mais sa passion ne faiblit pas.

"La lettre"

Je me souviens de cette époque où j’allais le voir dans son « atelier »….une sous-pente vaguement aménagée, accessible par une échelle de meunier, située à l’extérieur de l’habitation familiale et qui devait, tout au plus, faire cinq mètres carrés. Cela tenait à la fois de l’antre magique, de la cabane perchée, de la vigie de bateau pirate et bien sûr d’atelier «d’artiste»... De plus, d’où il était, René avait une vue sur la place de l’église de Saint Léonard, et cette position stratégique lui permettait de repérer les quelques touristes susceptibles de devenir acheteurs de ses «œuvres»… Il descendait rapidement et endossait le costume de «marchand d’art». Je suppose que les touristes, voyant le jeune âge de l’artiste devenaient compatissants et sortaient plus facilement les piécettes de leur gousse.

A l’adolescence nous nous vîmes un peu moins, chacun ayant à faire des études ou des apprentissages de son côté. Néanmoins je savais que sa passion était toujours aussi vive et que la promesse faite à sa mère de devenir peintre tenait toujours. Si d’aventure j’allais le voir dans son nouvel atelier, une pièce qu’il occupait en rez-de-jardin chez ses parents, c’est toujours avec beaucoup d’intérêt que je découvrais ses nouvelles approches picturales. A l’époque René était très dandy et son côté romantique à mèche rebelle sur le front parachevait son image d’artiste. Dans le petit bourg de six cent âmes que nous habitions il faisait figure d’intellectuel un peu bohême et un rien obscur. Saint Léonard des bois est une commune rurale et ce n’est faire offense à personne de dire que le mot culture n’avait pas le même sens pour tout le monde dans le village. Comme beaucoup de jeunes gens à la fin des années 1960 il voulait refaire le monde politiquement et avec un petit côté autogestionnaire cher au P-S-U de l’époque il me charriait amicalement ; moi qui affichait triomphalement un gaullisme naissant. Nous étions adversaires sur ce plan - là et nos joutes verbales, curieuses et interminables relevaient de vrais engagements politiques.
Cependant, cela n’effaçait pas ma curiosité. J’apprenais beaucoup lors de mes visites dans l’atelier. Les Arts plastiques, l’histoire de l’art, la vie des peintres, tout cela m’intéressait au plus haut point. René venait de passer un an aux Beaux-Arts de Rennes, sans trop d’assiduité d’ailleurs, et le béotien que j’étais ne demandait qu’à s’ouvrir à ces sujets. Au moins là-dessus marquait-il des points. Et je lui en suis reconnaissant. Si j’ai gardé une grande passion pour la peinture, les expositions, les galeries et les musées c’est en grande partie grâce à lui.

J’ai un souvenir particulièrement présent. A mon retour d’Angleterre, où j’étais allé travailler durant quelques mois, je lui rendis visite, comme à l’accoutumée, je fus surpris alors du changement de style de peinture. J’avais quitté un peintre assez figuratif, copiant les impressionnistes et tout à coup s’exposaient devant moi des toiles abstraites et sans commune mesure avec ce que j’avais encore en mémoire. Le choc, l’interrogation, le questionnement, l’explication et enfin la compréhension. J’allais devenir un fervent admirateur des œuvres de René. En 1972 je lui achetais une petite sculpture en bois que je lui échangeais plus tard contre une toile. Il se passa bien quinze années avant qu’il ne me l’abandonne définitivement. Prétextant qu’elle était quelque part dans son atelier, derrière d’autres peintures et tout à fait inaccessible. Ce qui était vrai d’ailleurs.

Mais revenons au début des seventies… La vie de bohème ne nourrit pas son homme et il fallait bien que René eut un travail, ne futce que pour acheter toiles, pinceaux et couleurs…. Après son baccalauréat, il obtint une place d’infirmier psychiatrique au C.P.H d’Alençon ; il y fera toute sa carrière, gravissant les échelons, terminant même comme directeur des soins. Entre temps il passa une licence de Sciences Sociales, obtint un diplôme d’Art Thérapeute, et devint Directeur de formation des infirmiers au C.P.H. Il se maria, eut deux enfants et continua quotidiennement à peindre après son travail. Durant ses vacances il emmenait sa petite famille en Provence ou sur les routes d’Europe. Beaucoup de ses toiles reflètent des paysages parcourus. Ses nombreux carnets de dessins esquissent les lieux ou les sites visités. De la Norvège au Portugal et de l’Italie aux Pays Bas il s’est attardé aux terrasses de café devant des monuments, il a pris le temps de contempler les panoramas. Et mieux qu’un photographe avec son Nikon, il a enregistré, dessiné et couché sur le papier des souvenirs innombrables. Préludes à de futures interprétations sur la toile.Le garçonnet de 1952 avait dit à sa maman « Je serai peintre, je serai Saint Léonard ». C’était fait. !!

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