Interview exclusive de Christophe Le Bouille

Président du Directoire du MSB

En juin prochain cela fera exactement 10 ans que Christophe Le Bouille est devenu président du directoire du MSB en succédant à Jean-Pierre Goisbault. On peut penser que le patron exécutif du club sarthois de basket aura à cœur à fêter l’évènement et nul doute qu’un titre de champion de France 2018 serait le meilleur cadeau que ses joueurs pourraient lui offrir. Et lui-même, par voie de conséquences, d’en faire bénéficier tous les supporters du club. Dans cet entretien nous avons fait un large tour d’horizon de la situation avec Christophe Le Bouille qui évoque les fautes d’arbitrage et son souhait de voir, comme au foot, la vidéo en recours contre les erreurs, ses craintes de voir Youssoupha Fall quitter le MSB la saison prochaine, ses espoirs pour les play-offs, la bonne fréquentation d’Antarès, autant de sujets d’importance. 

Nous avons eu l’occasion de rencontrer Christophe Le Bouille qui avant de devenir président du directoire fut durant plusieurs années manager général du MSB, la veille de la rencontre MSB – Levallois (remportée par le club sarthois 90-82). Celui-ci a accepté très gentiment de répondre à nos questions.

Q. – Une saison de championnat c’est 34 matches, il vous en reste 9 à disputer après celui de Lavallois, avant d’attaquer les play-offs et alors que vous êtes actuellement deuxième au classement. Toutefois depuis un petit moment vous semblez remettre en question certaines décisions d’arbitrage …

C. LB – En effet, perdre un match, d’un ou deux points sur une erreur d’arbitrage, cela arrive au cours d’une saison et nous-mêmes on a pu bénéficier de coups de sifflets plutôt favorables, sauf qu’avec Bourg-en-Bresse c’est le quatrième match, la 4ème défaite sur les huit qu’on a enregistrés cette année où l’arbitrage est en cause dans le money time c’est-à-dire à un moment décisif de la rencontre lorsque chaque possession devient cruciale. Il s’agit des dernières minutes du match, ce qui n’est pas anodin car c’est au moment même ou le match se joue, qu’il est sur la bascule. Vous comprendrez qu’à mes yeux le ratio est un peu élevé. Les images ont parlé, l’arbitre aurait dû siffler à certains moments et cela n’a pas été fait. Ma question est : Pourquoi ? 

Q. - On ne va pas sombrer dans le complotisme, il s’agissait de matches différents, de motifs et d’arbitres différents à chaque fois …

C. LB – Je crois profondément en l’honnêteté et en l’intégrité des arbitres, je n’ai aucun doute sur ce point. Simplement je pense que le MSB n’est pas considéré comme une équipe de haut de tableau et qu’inconsciemment des arbitres sont pris dans un certain contexte. Le Mans n’est pas sifflé comme une équipe de haut de tableau, c’est très clair.

Q. - Je ne comprends pas, si 2ème au classement ce n’est pas le haut du tableau, qu’est-ce que c’est alors ?

C. LB – C’est bien là le problème ! L’année dernière on a connu la même situation à la différence près qu’on avait une équipe de bas de tableau et on n’a rien dit, mais cette année j’estime qu’on devrait être mieux protégé, il y a manifestement des joueurs qui sont ciblés par les arbitres. Ce n’est pas un problème personnel, j’insiste, un arbitre qui en voudrait au MSB mais il y a d’évidence des joueurs dont le comportement ne convient pas à certains arbitres et ceux-ci nous le font payer aujourd’hui. Il y a une façon dont l’équipe, dont le club est perçu que je ne m’explique pas. Je suis persuadé par exemple que Strasbourg est mieux arbitré que nous. J’ai posé des questions à la responsable des arbitres, madame Chantal Julien, j’attends toujours ses réponses. Je lui en avais déjà discrètement parlé il y a moment, ne souhaitant pas mettre ces choses-là sur la place publique, mais maintenant je le dis publiquement pour rompre le silence et obtenir des explications auxquelles nous avons droit.

Q. – Ne craignez-vous pas qu’en mettant ainsi les pieds dans le plat les arbitres le prennent mal ?

C. LB – Peut-être ! Mais à un moment il faut assumer. Si je ne réagis pas on va penser qu’on s’en fiche et qu’on laisse faire. Croyez-vous que les joueurs apprécieraient ? Or, je suis là aussi pour les protéger. J’ai fait passer la consigne pour qu’ils ne réagissent pas eux-mêmes, qu’ils gardent leur calme pour éviter toute sanction de la Fédération ou de la Ligue. Moi, c’est différent, si je devais être sanctionné ce ne serait pas trop grave. J’aimerais vraiment que les arbitres concernés reconnaissent leurs erreurs or je n’ai jamais vu un arbitre s’excuser. Et pourtant chacun est responsable de ses actes, eux comme nous tous, l’erreur est humaine et cela vaut pour tous mais l’important est de l’admettre.  

Q. – Ne craignez-vous que certains disent « C. Le Bouille s’abrite derrière le tapis vert à défaut du terrain » ?

C. LB – Pas du tout, car je me place uniquement sur la base de faits objectifs, incontestables, les images sont parlantes. Je fais quand même référence à quatre matches ! Déjà face à Limoges, Nanterre et Dijon, la presse spécialisée s’est accordée à le dire, on a d’ailleurs fait des vidéos que nous avons adressées à Madame Chantal Julien qui a, elle-même convenu que cela n’avait pas été très équitable. Alors que dire de mieux ?

Q. – Face à des décisions d’arbitrage qui apparaissent injustes est-ce qu’il ne faudrait pas, comme au football, introduire un contrôle vidéo dans le basket ?

C. LB – C’est un vrai sujet en effet ! C’est une idée qui commence à circuler et à faire débat car les enjeux sont trop importants même s’il n’y pas les mêmes impacts que dans le football. Ce qu’on veut préserver c’est le rythme car le basket est une question de rythme et il n’est pas souhaitable de hacher le match pour aller visionner une vidéo sur tout et n’importe quoi. Le risque serait de perdre nos valeurs. Il doit toutefois exister un juste milieu comme par exemple réserver ce recours au money-time, c’est-à-dire dans les toutes dernières minutes. On peut également penser que si deux arbitres sur trois ont un doute on puisse interroger également la vidéo. De la même façon, pourquoi ne pas attribuer la possibilité à un entraîneur convaincu qu’une faute n’a pas été sifflée d’y recourir. Celui-ci, comme au tennis, pourrait alors porter une réclamation. Deux cas de figure, l’entraîneur à raison, on rectifie la marque, il a tort on décompte un temps mort à son équipe. Il y a là, à mon avis, des pistes qui pourraient être creusées, cela pourrait éviter les injustices auxquelles on assiste en ce moment et qui ne sont pas acceptables. Au-delà de madame C. Julien j’ai d’ailleurs informé le président de la Fédération et de la Ligue de ce que je pensais, reste maintenant à voir ce qui va se passer.

Q. – A ce stade du championnat, dans quel état d’esprit comptez-vous aborder les play-offs ?

C. LB – Pour le moment nous ne sommes toujours pas qualifiés, même si on est en bonne position et qu’on a bon espoir d’y parvenir. Ce sera alors une autre compétition qui débutera. On en a bénéficié et on l’a subi par le passé. Il nous est arrivé de terminer premier de la saison régulière sans concrétiser par la suite en play-offs, en revanche il nous est arrivé de finir cinquième et de remporter les play-offs. Tout dépend de la forme des joueurs à ce moment-là, des blessures, de la composition des équipes qui ont pu se renforcer. Aujourd’hui, nous sommes neuf, et on sera dix si nous récupérons Pape Amagou pour les play-offs ce qui nous permettra de donner le meilleur de nous-mêmes. On ne veut pas toujours à l’effectif d’une équipe qui a fait une bonne saison et qui n’a pas lieu d’être modifiée à cet instant du calendrier. On a la meilleure défense du championnat, même si on peut encore progresser défensivement en évitant quelques moments de laxisme comme on l’a vu par exemple à Bourg-en-Bresse, il faut que nous soyons plus constants sur quarante minutes, voire plus. Quant à l’aspect offensif on peut là aussi progresser sur la maîtrise du ballon, on en perd encore souvent au détriment de paniers faciles et par voie de conséquences on donne l’avantage à l’adversaire. Pour cela nous n’avons pas d’autres solutions que de travailler nos entraînements, peaufiner l’adresse, s’assurer que chacun à bien son rôle en tête, veiller que les joueurs se déplacent à chaque moment au bon endroit. Il nous faut aussi mieux gérer la lucidité de certains membres de l’équipe, en fait on peut tous progresser, le staff comme les joueurs, jusqu’à la fin de la saison.

Q. – Un petit commentaire sur l’entraîneur dont le rôle est essentiel ?

C. LB – Eric Barecheky est très bon, il est arrivé après Pau, sur la pointe des pieds, et s’est parfaitement intégré contrairement à son prédécesseur Erman Kunter, qui avait d’autres qualités, mais n’a jamais réellement trouvé sa place dans le club en interne, alors que pour Eric cela s’est fait très facilement et très rapidement. Je suis donc très content.

Q. – A propos de la saison prochaine, on évoque à mots couverts l’éventuel départ de Youssoupha Fall, qu’en est-il ?

C. LB -  Nous avons en effet quatre joueurs sous contrat, dont lui. Il a une clause de sortie, qui est élevée. Si donc un club vient me proposer un chèque pour lui je suis obligé de le laisser partir, même si le but n’est pas de gagner de l’argent. Le but c’est de disposer d’un très bon élément et on a beaucoup investi sur lui depuis des années pour le voir performer avec l’équipe première comme cela a été le cas cette année. Youssoupha n’est pas seulement un bon joueur, il a aussi des caractéristiques qui ne sont pas si courantes, même en Europe, alors bien sûr je vais tout faire pour le garder en proposant des choses à son agent et au joueur lui-même. Je suis quand même un peu inquiet car je ne pourrais jamais lui proposer un salaire aussi important qu’un grand club turc ou espagnol pourrait lui offrir dès la saison prochaine. Reste qu’il aura peut-être encore envie d’apprendre et d’avoir des responsabilités importantes chez nous, mais je ne suis pas très optimiste.

Q. – Et côté recrutement, avez-vous quelques idées dès maintenant ?

On regarde bien sûr, mais tout va dépendre de ce qui va se passer d’ici la fin de saison. Beaucoup de joueurs sont en effet intéressés par la coupe d’Europe, les américains notamment, et on peut difficilement les convaincre et les faire signer sans savoir ce qui se passer l’an prochain. De ce point de vue, au-delà du titre de champion de France les play-offs vont être déterminants pour désigner ceux qui vont jouer les coupes d’Europe. Or joueur Nanterre, Bourg-en-Bresse, Limoges ne va pas être simple.

Q. – Côté public, à Antarès la saison se termine sur un bon bilan sur le plan de la fréquentation.

C. LB -  Je suis en effet très, très content, nous avons tourné à 5 400 spectateurs en moyenne contre 4 500 les trois dernières. Nous devons ce résultat à un bon début de saison avec du beau spectacle et des victoires, on a pris aussi des initiatives en interne sur le tiketing. Le fait qu’on n’ait pas disputé de coupe d’Europe à fait qu’on a moins sollicité les gens qui sont donc venus plus nombreux pour 18 matches que s’il y en avait eu 25 au cours de la saison. Du spectacle, des victoires, faire plaisir à nos supporters et moins de rencontres, voilà qui explique ces bons chiffres. On peut toujours faire mieux mais on ne va pas cacher notre satisfaction.

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