L'histoire du Mans

Le Mans, une ville au patrimoine historique riche

L’histoire de la ville du Mans est particulièrement longue et riche. Un héritage dont les empreintes sont gravées dans les pierres qui la constituent, entre vestiges romains, cloîtres et abbayes médiévales, architectures romane et gothique, ou encore hôtels particuliers de la Renaissance.

Les premières traces humaines retrouvées sur le sol du Mans remontent à environ 4000 an avec J.-C., sur la butte du Vieux-Mans. Le menhir de la pierre au lait adossé sur le versant nord de la cathédrale Saint-Julien en est le témoin.

A partir du IIème siècle de notre ère, ce qui n’était jusqu’ici qu’une petite bourgade constituée de peuples épars prend peu à peu de l’ampleur pour devenir la capitale de la tribu des Cénomans du peuple celte des Aulerques.

Une forte consonance gallo-romaine

Conquise de haute lutte par Rome en 56 avant J.-C., la ville dénommée Suindinom, « la colline blanche fortifiée », est rebaptisée Civitas Cenomanum (la Cité des Cénomans). Le passage du bas latin vers le gallo-roman, accentué des aléas de la phonétique, la transforme en Cel Mans puis Le Mans.

Sous l’égide des Romains, la cité se développe, et voit se construire en son sein aqueducs et thermes. Pour faire face aux invasions barbares, elle se pare d’une enceinte fortifiée au IIIème siècle, qui lui vaut son surnom de « Ville rouge » pour la couleur de sa muraille.

De l'égide des francs aux plantagenêts

Elle tombera cependant au Vème siècle sous les assauts des Francs de Rignomer, lui-même renversé par la force et exécuté en place publique du Mans par son propre cousin, le futur roi de tous les Francs, alias Clovis Ier.

Sous l’égide de ce dernier puis de Charlemagne, la ville du Mans devient alors une place forte de l’Empire Franc, capitale du comté puis du Duché du Maine. Soumise à l’assaut répétés des Bretons puis des Vikings, elle tombe finalement sous les assauts des Normands.

Guillaume le Conquérant y fait construire les donjons du Petit et Grand Barbet dont les vestiges demeurent encore de nos jours, et soutient la construction de la cathédrale Saint-Julien voulue par l’évêque Vulgrin.

L’histoire du Mans s’emballe au début du XIIème siècle. Le comte Geoffroy Le Bel ou Plantagenêt (du fait du brin de genêt qu’il affectionnait porter sur son chapeau) y épouse en 1128 Mathilde d’Angleterre, donnant naissance cinq ans plus tard à Henri II au palais des Comtes du Maine.

Ce dernier devient en 1154 roi d’Angleterre et donne l’impulsion à ce qui deviendra l’Empire Plantagenêt (Angleterre, Irlande, Ecosse et façade Ouest de la France entre Normandie, Anjou, Poitou et Aquitaine). De fait, la ville du Mans hérite du surnom de Cité Plantagenêt.

Un essor grandissant après la guerre de cent ans

La ville n’est rattachée au royaume de France qu’en 1448 des suites de la guerre de Cent Ans. Sous la férule magnanime du roi Louis XI, la domination de la ville, à la fois religieuse avec l’évêque et féodale avec le comte du Maine, est abolie pour laisser place à un maire élu par ses habitants.

Au fil des années, la ville prend alors son essor, tant sur le plan économique que culturel. Entre les XVème et XVIIIème siècles, elle se développe autour des sculptures de terre cuite, le travail de la soie vanté dans les plus grandes cours européennes, puis autour des métiers de la cire et de la tannerie.

De la Renaissance à la révolution industrielle

La Renaissance française lui offre également un rayonnement culturel important, au travers des présences en son sein de d’illustres poètes comme Joachim du Bellay ou Pierre de Ronsard qui donneront naissance au mouvement dit de la Pléiade.

Comme d’autres, elle subit bien évidemment les aléas des époques, à l’instar des guerres de religion ou de la Révolution. Elle fut d’ailleurs le théâtre de la bataille la plus meurtrière de Vendée en 1793 avec de 10 000 à 15 000 morts dans les rangs vendéens…

Calme sous l’Empire, Le Mans renaît à la lumière aux débuts de la révolution industrielle. Parmi les premières à être électrisées, elle embrasse rapidement l’éclosion du chemin de fer, étant rapidement surnommée « l’Etoile ferroviaire de France ».

Elle prend également son envol économique sous l’impulsion de Louis Basse qui donne vie en 1828 à la Mutuelle Immobilière du Mans. Première compagnie d’assurance à voir le jour en France, celle-ci devient par la suite les MMA (Mutuelles du Mans Assurance).

L'avènement de l'automobile - De Léon Bollée aux 24 Heures du Mans

Tout aussi intimement liée à l’histoire du Mans, la famille Bollée. A Amédée-Ernest, fondateur de nombreuses entreprises de fonderie et inventeur de l’éolienne du même nom, succède ainsi son fils Amédée-Ernest, créateur de plusieurs voitures à vapeur dans les années 1870.

Mais ce sont les fils de ce dernier, Amédée-Ernest-Marie et Léon, qui resteront à jamais dans l’histoire. Considérés comme les pères de l’industrie automobile, ils conçoivent, fabriquent puis commercialisent la première voiture à essence : la Mancelle.

Toujours à l’initiative de la famille Bollée, George Durand organise le premier grand prix automobile de l’histoire en 1906, qui deviendra en 1923 les fameuses 24 heures du Mans. En 1908, la ligne droite des Hunaudières assiste au décollage du Flyer des frères Wright, pionniers de l’aviation.