Le Mans et la Guerre de Cent Ans
De la bataille d’Azincourt jusqu'au traité de Nancy
La guerre de Cent Ans, traditionnellement située entre 1337 et 1453, affecte durablement le Maine. Le Mans connaît des menaces militaires, une occupation anglaise au XVe siècle puis un retour sous l’autorité de Charles VII. Cette histoire ne se résume pas à une bataille unique : sièges, négociations et alliances se succèdent, tandis que la vie de la cité et les chantiers religieux se poursuivent dans des conditions difficiles.
1392 : un épisode du règne de Charles VI
Le 5 août 1392, Charles VI est frappé d’une grave crise à la sortie du Mans, alors qu’il mène une expédition vers la Bretagne. Il s’agit de Charles VI, et non de Charles IV. L’historien Bernard Guenée a étudié cet épisode à partir des chroniques et des récits entourant la maladie du roi.
Les détails transmis par ces textes doivent être replacés dans leur contexte. Ils renseignent sur les réactions de l’entourage royal et sur les pratiques religieuses du souverain, mais ne permettent pas de réduire toute l’évolution du Maine à cet événement. La crise précède de plusieurs décennies la conquête anglaise de la ville.
1425 : le siège et la prise du Mans
En 1425, les forces conduites par Thomas Montagu, comte de Salisbury, assiègent Le Mans. Le recours à l’artillerie endommage les défenses. La cité négocie sa reddition et ouvre ses portes en août. L’entrée effective des Anglais doit être distinguée du traité de Troyes de 1420 et des prétentions dynastiques qui en découlent.
Les conditions de reddition portent notamment sur l’allégeance au roi d’Angleterre, le départ de ceux qui la refusent et la remise des moyens militaires. Elles rappellent que la conquête transforme aussi les obligations des habitants. Le régent Bedford représente alors l’autorité anglaise en France : il n’est pas un successeur distinct de Jean de Lancastre, duc de Bedford.
De la trêve de Tours au retour français
La trêve conclue à Tours en 1444 ouvre une phase diplomatique. La restitution du Maine est ensuite promise, mais son application rencontre des résistances. Les recherches sur les négociations franco-anglaises situent la remise du Mans en mars 1448, sous la pression militaire de Charles VII.
Ces étapes ne doivent pas être fusionnées en un départ immédiat des Anglais dès 1444. La négociation, les engagements pris et leur exécution sont séparés par plusieurs années. Le retour de la ville sous autorité française s’inscrit dans la dernière phase du conflit, avant les grandes reconquêtes de la fin des années 1440 et du début des années 1450.
La cathédrale, témoin d’une histoire complexe
L’étude de Françoise Gatouillat sur les vitraux du transept nord de Saint-Julien montre l’intérêt des monuments pour cette histoire. Les travaux de construction et les donations se poursuivent au XVe siècle ; les figures de donateurs et leurs armoiries éclairent des relations politiques et religieuses.
Leur interprétation demande toutefois de tenir compte des remaniements des verrières. Pour élargir cette découverte, retrouvez l’histoire du Mans et le guide de la Renaissance, qui aborde une autre étape de la vie artistique de la cité.
