Le Mans sous le Bas-Empire
La ville romaine et son enceinte dans l’Antiquité tardive
Au Bas-Empire, Le Mans connaît une transformation majeure : une enceinte monumentale protège une partie de la ville antique. Ce rempart appartient à l’histoire romaine de Vindinum, également appelée Vindunum. Il ne doit pas être confondu avec un oppidum gaulois, établissement fortifié d’une époque antérieure à la conquête romaine.
Une ville romaine avant la muraille
Vindinum est le chef-lieu de la cité des Aulerques Cénomans. Son développement précède la construction du rempart : des quartiers d’habitation, des activités artisanales et des équipements publics occupent un territoire plus large que l’espace ensuite enfermé par l’enceinte. Les découvertes archéologiques permettent de distinguer ces étapes, plutôt que d’imaginer une ville née d’un seul refuge contre des envahisseurs.
Les thermes découverts sur le site de l’ancienne école Claude-Chappe illustrent cette histoire. Leur première construction remonte au milieu du Ier siècle de notre ère ; plusieurs transformations précèdent leur disparition à la fin du IIIe siècle. L’étude publiée par Michel Amandry et Gérard Aubin en 1993 envisage un arasement lié à l’aménagement d’un glacis devant la fortification. Il s’agit d’une interprétation archéologique, non du récit assuré d’une attaque particulière.
Une enceinte de l’Antiquité tardive
La datation de la muraille a été discutée et affinée par les recherches. Longtemps placée à la fin du IIIe siècle, sa construction est aujourd’hui présentée au début du IVe siècle par l’office de tourisme du Mans. Le monument s’inscrit dans les transformations défensives des villes de Gaule à l’Antiquité tardive. Il ne prouve pas, à lui seul, que tous les habitants auraient quitté définitivement les quartiers extérieurs.
Son implantation utilise le relief de la colline et la proximité de la Sarthe. La fortification délimite un espace plus réduit que la ville ouverte antérieure. Tours, courtines et passages témoignent d’une construction organisée ; les maçonneries associent pierre et brique. Pour découvrir le monument conservé, consultez également notre présentation de l’enceinte romaine du Mans.
Lire les vestiges avec leurs transformations
Les fouilles menées par l’Inrap entre 2016 et 2018 ont notamment dégagé des vestiges de tours. La tour Saint-Michel, devenue un oratoire au VIe siècle, montre que la fonction d’un élément du rempart peut évoluer. À l’époque médiévale, de nouveaux aménagements défensifs transforment encore les abords de la cathédrale. Le paysage visible aujourd’hui réunit donc plusieurs périodes.
Cette distinction est essentielle pour comprendre la Cité Plantagenêt : les maisons et les monuments médiévaux ne datent pas du chantier romain. De même, la présence gauloise dans le secteur ne permet pas de qualifier automatiquement la colline d’oppidum attesté. L’histoire du Bas-Empire au Mans se lit dans les constructions, les couches de terrain et leur étude, avec les incertitudes que les chercheurs continuent de préciser.
